La souplesse
La majoration des amplitudes articulaires est l'élément le plus spectaculaire de la danse classique pour le profane.
Cette majoration est anatomique ou ostéo-articulaire : l'hyperlaxité se rencontre chez la plupart des danseurs,
même au niveau des articulations non soumises au travail de la danse et serait un mode de sélection,
en particulier chez l'enfant, où une grande mobilité de hanche - correspondant souvent à des hanches " dysplasiques "
- et une laxité importante du pied sont recommandées.
De plus l'hypersollicitation articulaire débute tôt, à un âge où le squelette est encore plastique.
Une laxité articulaire est un handicap pour l'équilibre articulaire mais une qualité pour l'amplitude des mouvements ;
une raideur articulaire est un handicap pour l'amplitude des mouvements mais une qualité pour les efforts statiques.
La majoration des amplitudes articulaires est acquise par un travail important d'étirements passifs et actifs :
ce travail doit être progressif et constant.
Un travail forcé sur une structure naturellement trop souple risque d'affaiblir les ligaments et favorise les dérangements
articulaires ; un travail forcé sur une structure trop raide entraîne élongations et déchirures.
Les pratiques sont nombreuses :
-travail d'allongement des muscles pelvi-fémoraux, ce travail répétitif et intensif des élévations des membres inférieurs
serait la cause d'un certain nombre de pathologies.
Les hanches forcées en abduction et rotation externe plusieurs heures par jour de manière statique,
pourraient présenter des calcifications dans la capsule articulaire au niveau de l'acetabulum.
Les articulations coxofémorales peuvent aussi être surmenées dans leur mouvement d' abduction extrême
lors des mises en tension ligamentaires répétées.
L'exigence d'amplitudes articulaires extrêmes et le surmenage physiologique par le jeu microtraumatique conduisent
inéluctablement un jour ou l'autre aux phénomènes d'arthrose,
 Pied dans la main
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 Ecart facial
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-travail de la souplesse du dos dans tous les secteurs, qui aboutit, en cas d' insuffisance musculaire,
à une instabilité dynamique rachidienne,
-travail de l'hyperextension du genou visant à obtenir un recurvatum dit "esthétique" mais souvent déstabilisateur,
-travail du coup de pied ; "Forcer son cou-de-pied" est en effet devenu une des préoccupations prioritaires pour les danseurs.
La grande convexité du "cou-de-pied" - région comprise entre le 1/3 inférieur de la jambe,
et les articulations métatarso-phalangiennes - est un des canons esthétiques les plus recherchés dans les écoles de danse.
Afin d'augmenter cette convexité, tous les moyens sont bons : le danseur, assis par terre, coince son avant-pied
sous un meuble lourd et étend son genou, ou encore utilise certaines machines ancestrales. Ce " forcage " passif
de la flexion plantaire conduit, au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, à des conflits dans la région
de l'arrière pied ou carrefour postérieur, et au niveau des articulations du tarse, à l'étirement des capsules articulaires
et au dévelopement d'une laxité articulaire, en particulier des articulations de Chopart et de Lisfranc.
Si l'hyperlaxité du tarse est rarement invalidante, car longtemps compensée par l'entraînement intensif
et par la tonicité musculaire qui permet au pied de ne pas s'écraser sur pointe, et de ne pas s'affaisser dans l'appui,
les conflits postérieurs de la tibio-tarsienne posent souvent de gros problèmes thérapeutiques.
Bibliographie :
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Thiescé A., Le geste dansé et ses conséquences en rhumatologie Ed Laboratoire Ciba-Geigy 1996.