Les chaussons
La danse classique se pratique avec des chaussons à semelles fines permettant de " sentir le sol ".
Ils sont indifféremment droits ou gauches. Pour donner une impression de plus grande légèreté, les danseuses évoluent sur pointe et demi-pointe, les danseurs sur demi-pointe.
Les chaussons de demi-pointes sont réalisés en toile ou en cuir cousu sur une semelle fine et très souple.
Celle-ci est plus courte et étroite que la plante du pied, commençant à environ
2cm² de son bord postérieur, et se terminant sous les articulations métatarsophalangiennes.
Cette semelle peut aussi être double laissant libre une partie de la voûte plantaire.
Les chaussons de demi-pointe épousent ainsi parfaitement le pied et n'entravent pas sa cambrure lors de la flexion plantaire.
Le choix du cuir ou de la toile, d'une semelle entière ou en deux parties, d'une empeigne haute,
moyenne ou basse, dépend de critères esthétiques, du confort ressenti , des sols et des chorégraphies.
L'assemblage de la semelle et de la toile ou du cuir se fait par une couture située sous les têtes métatarsiennes.
Une couture proéminente occasionne des métatarsalgies invalidantes.
L'examen des chaussons devant ces métatarsalgies, peut suffire à résoudre le problème.
Les pointes
Les pointes sont des chaussons, en satin, doublé de toile avec une semelle en cuir. On décrit la pointe, l'empeigne,
la semelle et le cambrion.
La pointe, sur laquelle repose tout le poids du corps en position d'équilibre, est durcie par un encollage de toile
et de papier ; elle offre une surface portante plate ou arrondie d'environ 4 cm2, de forme variable,
grossièrement rectangulaire ou carré selon les marques et les modèles.
L'empeigne prolonge la pointe plus ou moins haut sur le dessus du pied et recouvre au moins la face dorsale des orteils
jusqu'aux articulations métatarsophalangiennes ; sa largeur, sa dureté, et sa hauteur font partie des choix proposés
par les fabricants.
La largeur doit être adoptée en position de demi-plié, orteils étalés et allongés.
Cependant, pour des raisons esthétiques et pour se donner l'impression d'un meilleur soutien, l'empeigne est souvent
choisie très serrée ; sa longueur et sa dureté doivent réaliser un contre-appui antérieur et éviter la flexion
des métatarsophalangiennes, sans entraver la montée sur pointe.
L'adaptation de l'empeigne, souvent dure, au pied, surtout lorsque le chausson est neuf est un problème permanent
à l'origine de lésions cutanées et unguéales.
La semelle, comme pour les demi -pointes , est plus étroite et moins longue que le pied.
Le cambrion , est inséré dans les épaisseurs de la semelle. Il peut présenter des longueurs et des degrés de dureté
différents. Son rôle est d'assurer le soutien du médio - pied.
Les danseuses professionnelles, contrairement aux autres, utilisent le plus souvent des cambrions courts et assez souples.
En effet, leur force musculaire est suffisante pour rigidifier le pied sur pointe et elles profitent, dans les relevés,
de la souplesse de la semelle pour descendre de pointe avec plus de moelleux, en passant par la demi-pointe.
Le chausson de pointe est donc choisi en fonction de la cambrure naturelle du pied, de sa force musculaire, mais aussi
des chorégraphies à exécuter.
Il s'use vite et il n'est pas rare qu'une danseuse soliste change plusieurs fois de chaussons au cours d'un même spectacle,
des chaussons usés pouvant engendrer de nombreux traumatismes.
Un cambrion trop souple entraîne des déformations des orteils et favorise les entorses tibio-tarsiennes.
Un cambrion trop rigide entraîne des microtraumatismes directs des articulations métatarsotarsiennes et des crampes
de la voute plantaire.
Enfin, le chausson de pointe est le plus souvent préparé avant d'être utilisé, l'empeigne et la semelle pouvant être
assouplies , durcies, réfrigérées, recoupées. Chaque danseuse a ses propres recettes et ce sont ses réglages fins qui
lui permettent de moins souffrir, d'être mieux en équilibre, et de faire durer plus longtemps ses chaussons.
Les derniers préparatifs portent sur la couture des deux rubans et des élastiques qui sont croisés autour de la cheville
et noués soit sur sa face latérale externe, soit en regard du tendon d'Achille.
Ces ajustements permettent de solidariser le chausson au pied et d'éviter que le talon ne glisse dans le chausson.
La striction imposée au tendon d'Achille peut être à l'origine d'une tendinopathie chronique. On peut alors conseiller
d'interposer un morceau d'élastique dans chaque ruban pour lui donner plus de souplesse.
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