Appareil locomoteur   [retour sommaire Catégorie]
Traumatismes et microtraumatismes osseux : généralités   [lire la version anglaise]
  Docteur Anne Thiescé
Les fractures = solutions de continuité totale et brutale de l'os. Fig.1

L'immobilisation doit être stricte et concerne le segment osseux fracturé, ainsi que les articulations sus et sous jacentes. La consolidation s'effectue en 6 à 8 semaines, la solidité maximale en 10 semaines. En cas de non-respect de ces temps d'immobilisation, on s'expose aux complications qui sont la pseudarthrose avec une non-consolidation à 6 mois et donc la persistance d'une douleur, ou le cal vicieux sur déplacement secondaire des pièces osseuses avec cal hypertrophique pouvant générer des phénomènes douloureux.

Les fractures de contraintes ou fractures de fatigue = solutions de continuité partielles d'apparition progressive. Fig.2

Ces fractures sont liées à l’épuisement de l’ostéoformation et à l’accélération del’ostéodestruction ou ostéolyse dues à l’hypersollicitation osseuse.
Les douleurs sont localisées, parfois modérées ou à début brutal. La palpation et la percussion osseuse réveillent une douleur exquise sur une zone limitée parfois tuméfiée. Les radiographies sont négatives au stade précoce, la scintigraphie fait le diagnostic en montrant une hyperfixation focale ou multifocale lors de fractures multiples.
Le repos est impératif, la reprise des activités ne se fait qu'en l’absence totale de douleur et /ou devant la négativité d'une scintigraphie de contrôle. La reprise trop précoce des activités entraîne les mêmes conséquences néfastes que pour les fractures vraies.

Les périostites = lésions microtraumatiques des attaches musculo-tendineuses sur le périoste.

Le périoste est une membrane conjonctive entourant l’os. Le tibia est le principal os intéressé. Elles sont dues soit à un traumatisme direct soit à des microtraumatismes par tiraillements de l’aponévrose sur ses insertions musculaires, à l'effort. Il s'agit en fait d'une maladie d'insertion musculaire qui témoigne de contraintes osseuses excessives et qui constitue peut-être une transition avec les fractures de fatigue.

Les épiphysites, les apophysoses = maladies de croissance retrouvées chez l'enfant et en particulier les arrachements apophysaires.

Les noyaux apophysaires sont des zones d’ossification précoce à partir desquelles l’ostéogenèse se produit. Ils correspondent le plus souvent à des insertions tendineuses (ou attache des tendons sur l'os) et sont donc soumis à d’importantes contraintes et microtraumatismes.
Lors de la pratique de la danse, deux types de lésions peuvent apparaître :
-une souffrance chronique de l’apophyse, il s’agit de l’ostéochondrose juvénile véritable lésion de surmenage de l’apophyse dont les symptômes rappellent ceux des tendinites d’insertion de l'adulte.
- les arrachements de l’apophyse avec fracture soit du noyau même soit de la zone d’ossification. Ces arrachements surviennent brutalement lors de l’étirement brutal d’un muscle incomplètement détendu. Il est dû à un asynchronisme entre la contraction brutale des muscles agonistes et la décontraction indispensable des muscles antagonistes étirés. Ce sont des avulsions totales ou partielles d’un noyau apophysaire qui ne résiste pas à l’étirement brutal du muscle qui s’y insère. Fig.3. Cela peut parfois déterminer la formation d’ostéomes qui peuvent devenir gênants soit du fait de leur dimension soit de leur localisation.
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