Les danseurs commencent très tôt la pratique de leur art et beaucoup s'adonnent à des entraînements intensifs pendant leur croissance. Les danseurs n’ont, généralement, pas terminé leur croissance, lorsque dès leur entrée dans un corps de ballet, ils doivent effectuer de nombreux portés. Les risques rachidiens sont en rapport avec la baisse de flexibilité qui résulte de la discordance entre les croissances osseuse et musculo-tendineuse : déséquilibre souvent négligé lors de la pratique de la danse.
La maladie de Sheuermann
Il existe donc souvent une diminution de la souplesse en même temps que la poussée de croissance. Ceci aboutit à un déséquilibre entre une croissance osseuse et une relative raideur de l'appareil tendinomusculaire. Cette raideur relative des ischio-jambiers et des muscles antérieurs de hanche, augmente la lordose lombaire et la cyphose dorsale et peut conduire à une maladie de Sheuermann ou dystrophie de croissance vertébrale. Cette maladie le plus souvent non douloureuse peut devenir symptomatique à l'occasion du travail des portés, trop précoce chez les adolescents.
Les fractures de fatigue des isthmes vertébraux
Les facteurs étiologiques communs des fractures de fatigue de l'isthme de L5, Fig 1., outre les anomalies morphologiques de la charnière lombosacrée, sont les contraintes en compression, en cisaillement, le déséquilibre musculaire fléchisseurs - extenseurs du tronc, l'hyperlordose requise pour compenser un manque d'en-dehors du membre inférieur ou pour effectuer certains gestes chorégraphiques, la rétraction principalement des psoas, la dureté de certains sols, la répétition de portés mal exécutés ou pendant la croissance sur une musculature non adaptée.
Les fractures isthmiques concerneraient 20 % des danseurs et interviendraient le plus souvent entre 9 et 15 ans. Elles sont localisées le plus souvent sur L5, mais peuvent être multiples et se rencontrer aux étages lombaires supérieurs. Fig 2, 3 et 4. La découverte d’une lyse isthmique ou d’un spondylolisthésis ne contre indique pas la pratique de la danse lorsque le glissement de L5 sur S1 ne dépasse pas 40 % (spondylolisthésis de stade 1 ou 2)Fig 5.
Lorsque le diagnostic est précoce, le traitement réside dans le port d’un corset pendant au moins un mois. La reprise progressive de la danse est alors autorisée avec une ceinture lombaire, associée à une rééducation adaptée. Cette ceinture lombaire pourra être portée plus tard lors du travail de nouveaux portés ou de nouvelles chorégraphies.
Lorsque le diagnostic est tardif, au stade de douleurs chroniques rebelles, un traitement symptomatique, le port d’une ceinture lombaire pendant les épisodes douloureux, et une rééducation appropriée suivie d’un programme d’exercices, personnalisé, effectué chaque jour permet le plus souvent de continuer la pratique de la danse.
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