L'enfant sportif devrait être mieux protégé, c'est une règle d'éthique.
La pratique de la danse d’une manière intensive commence de plus en plus tôt. Les enfants et les adolescents effectuent des entraînements intenses et poussés de plus en plus fréquemment. Ceux-ci sont donc soumis à plusieurs contraintes. Aux besoins nutritionnels liés à un organisme en pleine croissance, s'ajoutent les besoins énergétiques du fait de la pratique d'une activité physique intense.
Diverses études ont montré que l'enfant sportif présente trop souvent une alimentation pauvre en calories, en protéines, carencé en calcium, en fer, en vitamine C et du groupe B. L’APPORT hydrique est trop souvent insuffisant. L'emploi du temps chargé, les déplacements, le stress sont autant de facteurs de perturbation des rythmes alimentaires qui peuvent se traduire par un déséquilibre des apports. Les cours de danse le matin, la scolarité l’après midi. A ce rythme là, les repas sont vite pris, voir escamotés.
les danseurs sont soumis très tôt à des contraintes de poids
Ces dernières années, on voit apparaître une contrainte ajouté très forte liée à la pratique des sports à catégories de poids (judo, lutte...) et aux sports qui nécessitent un contrôle du poids dans le sens "archimaigre" (danse, patinage artistique, gymnastique rythmique et sportive...). Le poids imposé est très souvent en dessous du poids physiologique.
On exige d'eux des restrictions alimentaires à l'adolescence qui est l'âge de l'appétit et des appétits. C'est à ce moment où le comportement alimentaire sert de soupape aux tensions intérieures et aux conflits avec le monde des adultes. Ainsi le paradoxe peut être très fort entre les compulsions alimentaires qui sont l'expression d'une certaine intériorité et la nécessité liée à la contrainte du sport. Dans certains sports, l'enfant est partagé entre son comportement alimentaire et la nécessité du paraître au travers d'une image "archimaigre". Cette image qui doit absolument être conforme à tendance à augmenter la fragilité intérieure.
Les contraintes horaires sont importantes. Par exemple les jeunes danseuses doivent mener de front les études chorégraphiques et scolaires. Elles ont des horaires comprimés et irréguliers qui déstabilisent les horaires du repas. De plus, pour maintenir un état de "maigreur", ils leur faut conserver des apports caloriques inférieurs aux besoins. Fréquemment, au cours de l'année scolaire, elles peuvent présenter des épisodes de boulimie d'anorexie ou d'obésité par effet de rebond. Ces restrictions sont à l'origine de troubles des règles, de fatigue, de vertiges, de fragilités tendineuses et de fractures de fatigue. Une alimentation bien structurée et personnalisée, associée à des compléments en vitamines et en minéraux permet d'éviter ces troubles.
Que faut-il faire?
On ne pourra sûrement pas réformer l'image de la danseuse. Les anges, nymphes, sylphides qui volent à travers la scène sur la pointe de leurs pointes peuvent difficilement être interprétés par une danseuse un peut ronde. On imagine mal un angelot de 80 kilos traversant la scène, ni même de 65 kilos. Il faut reconnaître que les danseuses, les patineuses qui paraissent un peu plus mince que des enfants de leur âge ont une silhouette idéale sur la scène ou la glace. Celles qui ont la silhouette d'une adolescente normale paraîtront plutôt rondes.
Il faut donc protéger ces enfants et adolescents. Veiller à équilibrer le plus possible leurs rations et leur donner des notions d'équilibre nutritionnel théorique et pratique. Leur permettre d'avoir accès un médecin nutritionniste ou une psychologue s'ils en expriment le besoin.
Faire attention à que ces enfants ne soient pas fragilisés car bien souvent elles rapportent l'origine de leur échec de leur carrière à leur silhouette. Ce qui induit des blessures profondes avec une image de soi négative et une image du corps erronée. La proportion d'anciennes danseuses dans les troubles du comportement alimentaires (boulimie-anorexie-obésité) est importante. Il faut bien leur faire comprendre que la discipline qu'elles ont choisi leur demande le plus souvent d'acquérir un poids inférieur à leur poids normal alors que ce sont des enfants et des adolescents qui possèdent une silhouette normale.
Sports et règles.
La pratique d'un sport d'une manière intensive en près adolescence ou adolescence induit souvent chez la fille un retard pubertaire avec retard du développement des seins et de l'apparition des règles.
Plusieurs mécanismes sont en causes: carence hormonale par insuffisance du tissu gras qui ne permet pas l'activation des hormones féminines (les oestrogènes), restrictions alimentaires, blocages psychologiques liés à la contrainte du sport. Les premières règles surviennent chez les grandes sportives le plus souvent vers17 ans.
Comme on craint une moins bonne minéralisation de l'os, on conseil une alimentation qui apporte suffisamment de protéine, de calcium et de vitamine D.
SITE MEDICAL DE LA FONDATION RUDOLF NOUREEV - consacré à la Médecine de la Danse à destination des Danseurs et des Professionnels de santé.