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Verrues Plantaires   [lire la version anglaise]
  Dr Michel Canesi
LES VERRUES PLANTAIRES

Les verrues ou papillomes humains sont des tumeurs bénignes liées à une prolifération localisée de l' épiderme. Leur origine virale suspectée par leur contagiosité a été affirmée par de nombreuses études au microscope électronique. On distingue aujourd'hui plus d'une dizaine de virus des papillomes humains (HPV), ceux intervenant dans les verrues plantaires étant de type 1-HPVI et HPV2. Il s'agit d'une infection virale et contagieuse (vestiaire, douche) particulièrement fréquente chez les danseurs.

Selon le nombre de verrues, il est nécessaire de distinguer trois tableaux cliniques : la verrue plantaire unique, les verrues plantaires multiples et en mosaïque.

La verrue plantaire unique ou vulgaire également appelée myrmecie.(Fig.5)


Elle reste la variété la plus fréquente due à HPVI, C'est une verrue endophytique, profonde, douloureuse. Elle est parfois bien visible, arrondie ou ovalaire, jaune grisâtre, lisse ou râpeuse, très douloureuse au contact. Elle s'accompagne d'une douleur vive et " exquise " lorsqu'on la presse latéralement entre deux doigts. Elle est entourée d'un anneau dur, formé par la couche cornée. Très souvent, cette verrue est recouverte d'une hyperkératose qu'elle soulève en général, ressemblant fortement à un durillon plantaire, le principal diagnostic différentiel.


La verrue plantaire multiple


Parfois très nombreuses, dues à HPV2, disséminées sur un ou les deux pieds, siégeant aussi bien sur les points d'appui que sur la voûte proprement dite, enchâssées dans le derme. Elles se rencontrent plus volontiers chez l'adolescent. Elles s'associent souvent à des verrues des mains. La récidive est très fréquente.(Fig.2, Fig.3)

Les verrues plantaires en mosaïque


Moins fréquentes, il s’agit de verrues superficielles exophytiques, due à HPV2. Elles sont constituées de la juxtaposition et parfois de la coalescence de 5 à 10 verrues, voire plus. L’hyperkératose qui les sépare recouvre certaines d'entre elles et en laisse affleurer d'autres. L'ensemble réalise donc " un placard hyperkératosique et verruqueux " qui peut rester assez peu douloureux ou bien gêner considerablement la pratique de la danse (Fig.1, Fig.4)


Thérapeutique :

Le diagnostic de verrues plantaires repose sur une bonne connaissance clinique ainsi que sur l’expérience et en particulier de la différenciation avec les durillons plantaires.

Pour certains auteurs, la régression spontanée des verrues fait préconiser pour certains l'abstention thérapeutique quand pour d'autres, la contagiosité de celles-ci, véritables réservoirs de virus, justifie un traitement qui repose sur de nombreux moyens :

Les soins médicaux :

- - kératolytiques, colodion salicylé : la meilleure à notre avis car gênant moins la pratique de la Danse.


Les soins chirurgicaux :

- -l'exérèse chirurgicale, qui n’est plus actuellement satisfaisante, car la cicatrisation est longue et douloureuse, ne garantissant pas la guérison, avec un taux important de récidives se faisant de plus sur une cicatrice devenue hyperalgique.


- Citons néanmoins les différentes techniques utilisées :


-L’ablation ou la destruction limitée par galvanocautérisation ou électrocoagulation.

-L’utilisation du laser au C02.


-La radiothérapie locale directe est totalement interdite, en raison du risque important de radiodermite et de dégénérescence future.


-La cryothérapie, moyen thérapeutique le plus utilisé qui consiste en l'application pendant 10 à 15 secondes de neige carbonique ou d'azote liquide, mais qui nécessite souvent plusieurs applications très douloureuses, pouvant être invalidantes chez les danseurs.
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