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Pathologies lombaires du danseur   [lire la version anglaise]
  Docteur Anne Thiescé
D'après plusieurs auteurs, les douleurs rachidiennes occupent le 2e rang des pathologies de l’appareil locomoteur du danseur. La principale localisation de ces douleurs se trouve au niveau du rachis lombaire. Ces douleurs peuvent être le fait d'un faux mouvement, d'une chute, mais plus souvent d'un surmenage dû aux microtraumatismes répétés. Les pathologies musculaires, élongations et contractures, en sont les principales causes. Le médecin doit s’interroger sur la technique de danse et sur son niveau de pratique. Il peut être utile de faire exécuter au danseur, certains mouvements. L'examen clinique doit porter sur le rachis mais aussi sur le corps dans son ensemble.


Les grandes causes

L'hyperlordose
L'hyperlordose est fréquente en danse. Elle est statique lorsque la rotation externe de hanche est insuffisante. L’hyperlordose détend les ligaments antérieurs de hanche et permet d’accroître l’en-dehors. L’hyperlordose est plus souvent dynamique, observée lors des tours, des sauts, ou des portés. Cette hyperlordose crée une hyperpression vertébrale.


Cassure de l'axe rachidien : les mouvements d’inclinaison du tronc, l’arabesque
Les mouvements d’inclinaison du tronc sont les penchés en avant ou sur le coté et les cambrés. Au début de ces mouvements, le danseur doit porter son buste vers le haut. Il ne doit pas s’appuyer sur son dos. Il ne doit pas" casser ", il doit " allonger ".
L’arabesque est une extension-rotation externe-adduction de cuisse, genou tendu. L’extension maximale de hanche dépassant rarement 40°, l’élévation est effectuée en grande partie par une bascule du bassin. Celle-ci doit être contrôlée par la contraction des abdominaux, du grand fessier et du carré des lombes. Dans l’arabesque classique, le danseur doit garder le torse vertical. Ici aussi il ne doit pas " casser ", " il lève la jambe, rentre les côtes, monte le buste et allonge le dos ".
Ainsi dans tous ces gestes, la cassure de l’axe rachidien doit être évitée. En apprenant à " allonger le buste " le danseur apprend les principes de l'auto-grandissement avec contraction en élongation des abdominaux. Cet apprentissage doit lui permettre, outre de parfaire sa technique, d'éviter les phénomènes d'hyperpression vertébrale.

Les portés
Le porté nécessite une grande force physique, un bon placement et une bonne coordination. Soulever une danseuse de 50 kilos impose une contrainte majeure aux disques intervertébraux et en particulier au disque l5s1. Ces contraintes peuvent être à l'origine de discopathies, hernies discales, entorses, élongations qui sont de ce fait plus fréquentes chez les danseurs hommes. Une bonne musculature ainsi qu’une bonne technique sont indispensables, la danseuse proche du danseur, l’effort initial se fait au niveau des jambes, avec contraction abdominale.

Les changements de rythme de travail.
Un danseur, en particulier free-lance, peut ne s’entraîner que 2 heures par jour puis brutalement, pour un contrat, entrer dans une période de travail de plus de 10 ou 12 heures par jour.

Le sol
Un sol dur peut être responsable, lors des sauts, de problèmes rachidiens. Un sol glissant, en créant une crispation musculaire, tend à modifier l'équilibre et à provoquer des désordres rachidiens.

L'évolution de la danse vers une expression plus spectaculaire acrobatique et athlétique sollicite aussi plus agressivement la colonne vertébrale.

Généralement, c'est la combinaison de tous ces facteurs qui entraîne une pathologie rachidienne. Ces douleurs lombaires répondent bien à un programme d’exercices visant le renforcement abdominal et à l’éviction de l’hyperlordose par une surveillance accrue des professeurs.

La pathologie lombaire de l’adulte

Si toutes les pathologies lombaires peuvent se rencontrer, les douleurs lombaires d’origine musculaire dominent et concernent principalement le muscle pyramidal. Le muscle pyramidal est un muscle pelvitrochantérien, rotateur externe de hanche qui permet la bascule du bassin. Il est fréquemment le siège de contractures, conduisant à des lombofessalgies.

L’instabilité rachidienne dynamique mal compensée par une musculature insuffisante est-elle aussi fréquente. Cette instabilité lombaire n’a pas de caractère symptomatique précis en dehors de douleurs brèves, à type d’élancements. Les radiographies montrent un bâillement discal, une scoliose lombaire à rayon court, Fig 1, une ostéophytose ou encore un anté ou rétrolisthésis dégénératif.

Les lombalgies et lomboradiculalgies par hernie discale sont quant à elles assez rares. Elles sont souvent associées à l'hyperlordose dynamique déjà décrite.

Les algies sacro-iliaques sont fréquentes, associées à des déséquilibres du bassin et souvent occasionnées par de mauvaises réceptions sur un pied lors des grands sauts ou de portés ratés. Il s’agit généralement d’une pathologie ligamentaire avec entorse des ligaments sacro-iliaques.


Le traitement des lombalgies et des radiculalgies doit avant tout être médical : Ains, RRF, ceinture lombaire, infiltrations. Parfois il est nécessaire de faire porter au danseur un corset ou au moins une ceinture de maintien lombaire. Le port de la ceinture peut être permanent ou non et doit être associé à la rééducation. Devant une radiculalgie d’origine discale non résolutive sous traitement médical, la chirurgie peut être envisagée avec un retour possible aux activités antérieures.


Bibliographie :

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Seznec J.C., Danse et la de dos. Médecine des Arts 1997 N°22 p37-40.

Thiescé A., Le geste dansé et ses conséquences en rhumatologie. Ed Laboratoires Ciba-Geigy 1996.
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