Les tendinites ou tendinobursites concernent les tendons et les bourses séreuses des muscles : moyen fessier, ischio–jambiers, droit antérieur, couturier et psoas. Les localisations des tendinites à la hanche paraissent aussi fréquentes chez l’adulte que chez les enfants durant l’apprentissage de la danse.
Les tendinites du droit antérieur et du couturier ;
Ce sont les tendinites les plus fréquentes en danse puisqu'elles représentent 50 % des tendinites de hanche chez le danseur.
Les douleurs sont antérieures hautes.
La pression des épines iliaques antérieures est douloureuse.
L’étirement passif par extension de la cuisse sur le bassin est douloureux.
La contraction isométrique contrariée est douloureuse :
- Pour le droit antérieur : flexion contrariée de la cuisse sur le bassin, genou tendu (battement en quatrième), Fig 1.
- Pour le couturier : flexion– abduction - rotation externe de cuisse sur bassin, genou fléchi (attitude devant). Fig 2.
La tendinobursite du psoas
La tendinopathie du psoas peut être le résultat de mauvaises réceptions lors des sauts ou de la répétition de mouvements comme les arrondis.
La bursite du psoas est liée à l’inflammation d’une bourse séreuse située au - dessous de ce muscle sur la face antérieure de l’articulation coxo-fémorale. Cette bourse communique dans 15 % des cas avec la cavité articulaire (Beetham 1965) par un orifice capsulaire situé dans l’intervalle compris entre le ligament pubo-fémoral et le faisceau ilio-fémoral. L’apparition de cette bursite est la conséquence d’une contraction brutale du psoas, ou des mouvements répétés de flexion de la cuisse sur le bassin.
La douleur est antérieure au niveau de l’aine, ou interne correspondant à l’insertion basse sur le petit trochanter du muscle psoas iliaque. Elle est parfois accompagnée d’une tuméfaction qui peut faire évoquer une inflammation d'un ganglion, ou une pathologie herniaire.
Les douleurs sont présentes lors des grands pliés et des développés en quatrième et en seconde.
L’étirement passif douloureux est réalisé par l’extension de hanche et par le pas postérieur.
La contraction isométrique contrariée douloureuse est testée en flexion contrariée de la cuisse sur le bassin, genou fléchi et genou tendu (battements en 4° et en attitude devant).
Il peut exister sur les radios, dans le cas d’une tendinopathie d’insertion basse du psoas, une légère déminéralisation du pôle supérieur du petit trochanter et/ou parfois une petite calcification du tendon.
Tendinobursites trochantériennes :
De puissantes formations tendineuses s’insèrent sur le trochanter : le pyramidal et les trois muscles fessiers. Le tenseur du fascia lata glisse sur lui. Afin de permettre ces glissements, il existe des bourses séreuses qui se situent entre le moyen fessier et l’os et entre le petit et le moyen fessier. Ces bourses sont parfois le siège d’inflammation et donc de bursite. Le rôle majeur du moyen fessier comme muscle stabilisateur du bassin à la marche explique la fréquence de son atteinte.
La cause principale en danse est la pratique des danses populaires russes exigée dans les ballets romantiques. D’autres causes sont plus générales : une petite dysplasie cotyloïdienne voire une coxarthrose ou encore un traumatisme direct ou des microtraumatismes.
Histoire clinique :
Le début peut être progressif, avec une douleur à la face externe de cuisse en regard du grand trochanter et parfois quelques irradiations plus basses. La douleur peut être d’apparition brutale, explosive donnant une impotence quasi totale à la marche et parfois une tuméfaction locale. La douleur apparaît à la montée des escaliers, à la station assise, jambes croisées, à la mise en abduction du membre, et en décubitus latéral du côté atteint, ce qui peut provoquer des douleurs nocturnes et en imposer pour une douleur inflammatoire.
L’examen clinique retrouve :
- Une mobilité de hanche non limitée et non douloureuse sauf en rotation externe maximale et en flexion - adduction maximale par étirement passif des muscles péritrochantériens, en particulier du moyen fessier.
- Un examen du rachis lombaire normal qui élimine une sciatique tronquée.
- Des signes positifs :
- Une douleur exquise à la palpation de la partie supérieure de la face externe du grand trochanter, l’examen étant réalisé en décubitus latéral du côté sain,
- Une douleur réveillée par la contraction résistée du moyen fessier : l’examen toujours réalisé en décubitus latéral du coté sain, la résistance est imprimée en dessous de la zone douloureuse, le membre inférieur devant pousser dans le sens d’une abduction - légère extension - rotation externe du membre inférieur - genou tendu, Fig 4.
- Une douleur à l’étirement passif, en adduction - flexion de la cuisse sur le bassin et en fin de course de rotation externe.
La radiographie élimine une atteinte coxo-fémorale mais surtout une pathologie osseuse du grand trochanter en particulier infectieuse (tuberculose). Elle peut montrer lors d’atteintes anciennes, des calcifications sus ou juxta-trochantériennes ou une condensation irrégulière avec un aspect hérissé du grand trochanter.
L’évolution est chronique, subaiguë ou à rechutes sur quelques mois ou années.
Le traitement :
En règle les traitements anti-inflammatoires et surtout l’injection loco-dolenti de corticoïdes font céder la douleur en 24 à 48 heures. La rééducation aide, basée sur la physiothérapie et en particulier les ultrasons, ainsi que sur le renforcement isométrique et les étirements progressifs des muscles abducteurs de hanche. Ces étirements sont particulièrement importants en danse où les muscles abducteurs de hanche sont très toniques et peu soumis aux contraintes en étirement.
Les autres tendinites ou tendinobursites de hanche sont plus rares ;
La bursite ischiatique est généralement associée à une tendinopathie des muscles ischio-jambiers ou à un arrachement apophysaire.
La douleur est fessière basse, et peut irradier à la face postérieure de cuisse, donnant une pseudo sciatique avec une douleur par étirement passif des muscles ischio-jambiers. Cette douleur peut être aggravée en position assise prolongée.
La palpation de la tubérosité ischiatique est douloureuse,
L’étirement passif, par flexion de hanche et extension du genou, est douloureux : signe de Lasègue positif.
La contraction isométrique contrariée, par flexion contrariée de jambe sur cuisse est-elle aussi, douloureuse. Fig 4.
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