Les atteintes articulaires regroupent toutes les atteintes aiguës ou chroniques des différentes structures composant une articulation : les pièces osseuses et cartilagineuses, les ligaments, la capsule articulaire et sa membrane synoviale qui peut former des replis synoviaux intra-articulaires, les fibrocartilages méniscaux, et les bourrelets marginaux.
La stabilité articulaire résulte de la combinaison de la coaptation musculaire et des éléments passifs articulaires : ligaments surtout. Les ligaments ont une résistance mécanique insuffisante pour être les seuls facteurs de stabilité articulaires
Les atteintes aiguës traumatiques
Les entorses = élongation ou rupture ligamentaire dues à une distorsion brutale de l'articulation mais sans déplacement permanent des surfaces articulaires.
L'entorse bénigne correspond à un étirement ligamentaire avec micro ruptures, la stabilité passive est conservée. L'entorse grave correspond à une rupture complète du ligament, il existe un hématome, et un bâillement articulaire pathologique. Fig.1.
Les entorses bénignes relèvent d'un traitement fonctionnel, avec glace, drainage, physiothérapie et mobilisations douces puis renforcement musculaire isométrique puis proprioceptif sous couvert parfois d'un léger strapping de soutien.
Les entorses moyennes relèvent d'un traitement orthopédique : immobilisation plâtrée ou strapping puis d'une rééducation.
Les entorses graves relèvent d'un plâtre ou d'un traitement chirurgical.
La luxation d'une articulation = déplacement permanent total ou partiel (subluxation) des surfaces articulaires.
La réduction du déplacement est une urgence mais ne doit pas intervenir sans radiographie. En effet, ces différentes lésions peuvent s'accompagner de fractures de lésions péri articulaires avec ruptures tendineuses ou d’arrachements osseux. Ces atteintes aiguës traumatiques peuvent donner des pathologies chroniques avec des laxités chroniques en particulier.
La laxité chronique, l'instabilité articulaire
L’instabilité articulaire recouvre deux notions différentes : laxité objective ou d'une sensation subjective d’insécurité.
La laxité peut être constitutionnelle ou acquise à la suite d'un traumatisme avec rupture partielle au moins d’un ligament. Cette laxité ne s'accompagne pas obligatoirement d'une sensation d'instabilité.
L'instabilité subjective est l'absence d'information proprioceptive, parfois même après réparation complète ligamentaire. Le traitement doit permettre la récupération de la proprioception.
Dans l'instabilité subjective comme dans la laxité pathologique, le risque est la récidive d'entorse.
La pathologie des bourrelets et des ménisques = pathologie de corps étranger intra-articulaire.
Les ménisques et les bourrelets sont des fibrocartilages interposés entre les surfaces articulaires qui permettent une meilleure congruence articulaire ou meilleur emboîtement articulaire. Ils absorbent les contraintes et permettent une meilleure répartition sur les surfaces articulaires en présence. Ils favorisent la lubrification articulaire.
Les ménisques sont attachés à la capsule articulaire, les bourrelets sont attachés à la capsule articulaire et sur la périphérie des surfaces articulaires.
Dans une articulation contrainte, ces fibrocartilages peuvent être désinserés, déchirés ou écrasés. Ces différentes lésions vont donner une inflammation articulaire avec épanchement récidivant, des blocages articulaires - un morceau de ce fibrocartilage se coinçant entre les pièces articulaires (genou, hanche) -, ou des sensations de déboîtementD diminution de l’emboîtement articulaire (épaule) -. Selon la symptomatologie ressentie par le patient et sa fréquence, l'attitude peut être attentiste, ou chirurgicale par arthroscopie. Il faut toujours quand les blocages sont rares, tenter de conserver au moins la plus grande partie de ses ménisques du fait de leur rôle prépondérant dans la protection articulaire pour la pathologie dégénérative ou arthrose.
La pathologie chonique articulaire dégénérative ou arthrose
L' arthrose est un processus ubiquitaire qui n'épargne aucune population quel que soit son mode de vie. L'arthrose correspond à l’altération des cartilages, à une construction osseuse périphérique et à une hyperpression de l’os. Sur les radiographies, ces lésions correspondent respectivement au pincement de l’interligne articulaire, aux ostéophytes ou "becs-de-perroquet" , et aux géodes d’hyperpression de l’os sous chondral. Fig.2.
Les causes en sont l'âge, un surmenage articulaire, l'obésité, le sexe.
Cliniquement, l'arthrose peut évoluer sur un mode de poussées douloureuses, sur un fond douloureux chronique sur une articulation qui s'enraidit progressivement.
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