Appareil locomoteur   [retour sommaire Catégorie]
Les fractures de fatigue du rachis.   [lire la version anglaise]
  Docteur Anne Thiescé
Les fractures de fatigue rachidiennes sont fréquentes et touchent les isthmes vertébraux, les articulaires postérieures et les pédicules.

Les danseurs commencent très tôt la pratique de leur art et beaucoup s'adonnent à des entraînements intensifs pendant leur croissance. Les danseurs n’ont, de plus, généralement pas terminé leur croissance, lorsque dès leur entrée dans un corps de ballet, ils doivent effectuer de nombreux portés. Cette période est à risque quant à l'apparition de spondylolyse et listhésis, possiblement en rapport avec une baisse de flexibilité qui résulte d'une discordance entre les croissances osseuses et musculo-tendineuses : déséquilibre souvent négligé lors de la pratique de la danse.

Les facteurs étiologiques communs des fractures de fatigue de l'isthme de L5, Fig 1, outre les anomalies morphologiques de la charnière lombosacrée, sont les contraintes en compression, en cisaillement, le déséquilibre musculaire fléchisseur - extenseurs du tronc, l'hyperlordose requise pour compenser un manque d'en-dehors du membre inférieur ou pour effectuer certains gestes chorégraphiques, la rétraction principalement des psoas, la dureté de certains sols, la répétition de portés mal exécutés ou pendant la croissance sur une musculature non adaptée.

Les fractures isthmiques concerneraient 20 % des danseurs et interviendraient le plus souvent entre 9 et 15 ans. Elles sont localisées le plus souvent sur L5, mais peuvent être multiples et se rencontrer aux étages lombaires supérieurs.Fig 2,3,4. La découverte d’une lyse isthmique ou d’un spondylolisthésis ne contre indique pas la pratique de la danse lorsque le glissement de L5 sur S1 ne dépasse pas 40 % (spondylolisthésis de stade 1 ou 2). Fig 5.

Lorsque le diagnostic est précoce, le traitement réside dans le port d’un corset pendant au moins un mois. La reprise progressive de la danse est alors autorisée avec une ceinture lombaire, associée à une rééducation adaptée. Cette ceinture lombaire pourra être portée plus tard lors du travail de nouveaux portés ou de nouvelles chorégraphies.
Lorsque le diagnostic est tardif, au stade de douleurs chroniques rebelles, un traitement symptomatique, le port d’une ceinture lombaire pendant les épisodes douloureux, et une rééducation appropriée suivie d’un programme d’exercices, personnalisé, effectué chaque jour permet le plus souvent de continuer la pratique de la danse.

Bibliographie :

Pelletier A., Spondylolisthésis, Médecine et Sciences de la danse. IVe congrès international. 18/6/94.

Sabourin F., Pathologie rachidienne microtraumatique et danse. Médecine des Arts 1996 N°15 p37-40.

Thiescé A., Le geste dansé et ses conséquences en rhumatologie. Ed Laboratoires Ciba-Geigy 1996.






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