Les pathologies tendineuses du genou chez le danseur sont fréquentes. Elles peuvent être multiples et bilatérales et concernent toutes les catégories d’ âge.
Tendinite quadricipitale et tendinite rotulienne:
En danse classique, les causes spécifiques de la tendinite quadricipitale ou Jumper’s knee et de la tendinite rotulienne sont les mêmes que celles des pathologies de l’appareil extenseur et donc de la pathologie rotulienne :
en-dehors mal exécuté, contrôle du plié effectué uniquement par le quadriceps, quadriceps rétracté et dystonie quadricipitale.
Un tendon d’Achille court, en diminuant la profondeur du plié, prédispose aussi à ces lésions.
L’autre facteur retrouvé constamment est l’augmentation de l’intensité du travail : augmentation des heures de pratique (stages, répétitions) et cours lors desquels les sauts sont particulièrement étudiés.
Chez les enfants, en lieu et place de ces tendinopathies, on retrouve une apophysose tibiale antérieure ou maladie d’Osgood Schlatter, ou une maladie de Sinding Larsen Johanson.
Le traitement est conservateur avec un repos initial relatif, un travail adapté à la barre, en dessous du seuil de la douleur, des AINS par voie locale et générale, un glaçage, de la physiothérapie, des massages transverses profonds, des étirements progressifs, et une rééducation qui doit être dirigée en fonction des éléments cliniques et des défauts techniques du danseur.
Ce n’est que lorsque le tendon rotulien présente des lésions nodulaires ou kystiques à l’échographie et devant l’absence d’amélioration de la symptomatologie que l’on peut proposer un peignage chirurgical du tendon rotulien associé à une résection de la pointe de la rotule.
D’autres tendinopathies peuvent être présentes.
Tendinopathies postérieures du genou
Elles regroupent les tendinites du poplité et des jumeaux à leurs insertions supérieures.
Les facteurs favorisants sont toujours l’augmentation de la charge de travail, la fatigue, et de manière plus anecdotique le port de collants trop serrés s’arrêtant au genou.
Le traitement repose sur le repos, les AINS, la physiothérapie, et la rééducation.
Ténosynovite de la patte d’oie:
La tendinite de la patte d’oie concerne les tendons du droit interne, du demi tendineux et du couturier. Elle intervient sur un genu valgum ou après une entorse interne du genou, avec laxité résiduelle.
La douleur se situe sur la face interne de l’extrémité supérieure du tibia, à 2 travers de doigt de l’interligne articulaire. Elle est augmentée par la flexion contrariée, la rotation externe, et l’extension brusque. Généralement, le traitement médical permet sa guérison.
Bursites prérotulienne et prétibiale:
Elles sont liées à des microtraumatismes répétés. Il s’agit de tuméfactions plus ou moins inflammatoires.
Elles doivent être dépistées très tôt chez les danseurs.
Après des soins locaux à type de glaçage et repos, il faut imposer le port de genouillères de protection lors du travail d’enchaînements chorégraphiques comportant de nombreuses chutes sur les genoux ou lors d'un travail prolongé sur les genoux.
On les retrouve préférentiellement en danse jazz et contemporaine.
Les tendinites du biceps et du tendeur du fascia lata sont rares en danse.
Bibliographie :
Kahn K., Brown J., Way S., Vass N., Crichton K., Alexender R., Baxter A., Butler M., Wark J.: Overuses injuries in Classical Ballet. Sports Med., 1995, 19, 5, p341-356.
Rochcongar P.: Lésions chroniques de l’appareil locomoteur chez le sportif. Encycl . Med. Chir. (Elsevier, Paris) Appareil locomoteur, 15-902-A,1999,8p.
Sabourin F.: Le genou du danseur. Pré-actes du 4° Congrès international sur la recherche en Danse, 25-29. 09.1989.