Issue du grec boulimia qui signifie « sang de bœuf ». La boulimie est un trouble du comportement alimentaire, qui conduit à « enfourner » de grande quantité de nourriture. A l’origine, bien souvent, beaucoup d’angoisse que l’on a du mal à exprimer.
La survenue d’une crise de boulimie se déroule souvent de la même façon. La faim est impérieuse, on ne peut pas y résister, s’ensuit une recherche frénétique de se remplir par une grande quantité de nourriture dans un temps très court. C’est comme un puits sans fond, il y a un besoin impérieux de remplir très vite un vide, sans s’arrêter. On avale tout ce qui nous tombe sous la main, des aliments souvent très caloriques, pas toujours bons, l’important est de se remplir. La personne boulimique se bourre, avale plus qu’elle ne mâche, en cachette, avec un sentiment de honte et d’impuissance.
La fin de la crise est marquée par des douleurs du ventre, parfois des vomissements spontanés ou provoqués. Le sommeil peut survenir, comme pour un bébé qui a bien mangé. Et toujours la culpabilité d’avoir trop mangé.
Entre les crises, il y a un sentiment de perte de contrôle. On a conscience du sentiment anormal de ce trouble et il persiste l’angoisse d’une nouvelle crise avec la peur de ne pas pouvoir d’arrêter volontairement de manger. Il y a aussi la peur de trop grossir. Notre comportement et notre corps ne nous appartiennent plus. Le vécu est difficile, la préoccupation est constante vis à vis du poids et de l’image du corps. La mauvaise image de soi, aboutit souvent à un repli sur soi, un refus des reps familiaux et festifs avec des amis, des copains. On se désintéresse des autres, de tout ce qui n’est pas en rapport avec la nourriture, la silhouette. On ne cherche plus à résoudre ses problèmes, les soucis quotidiens, la seule obsession est la peur de la survenue d’une nouvelle crise, de savoir comment elle va se dérouler, si on pouvait résister. Le temps est rythmé par les crises. Ceux qui sont atteint de boulimie sont très seuls et pourtant ils ont besoin d’aide et d’écoute.
Ce trouble est rarement vu par l’entourage, les parents, les frères et sœurs, les amis. Ceux qui sont atteint de boulimie sont seuls face à leur trouble. Actuellement, on en parle plus, dans les journaux, à la télévision, aussi on arrive à aider ceux qui en souffrent.
Si les crises durent, elles peuvent retentir sur la santé; perte de minéraux dus aux vomissements, déchaussement des dents, augmentation de volume des parotides, les deux glandes salivaires situées de chaque côté des maxillaires, on ressemble à un hamster. L’estomac peut se distendre.
Pourquoi est-on boulimique?
Le déclenchement des crises est souvent du à des tentatives répétées de perdre du poids par des régimes très restreints. On essaie de maigrir à tout pris car on ne s’aime pas. C’est pourquoi, on insiste sur le fait de ne pas donner de régime à des enfants ou adolescents qui n’en ont pas besoins ou qui ne veulent pas en faire. Il est très important que les parents ne fassent aucune remarques critiques sur le comportement alimentaire des leurs enfants, ça ne fait que renforcer ou déclencher les troubles. En cas de doute, il faut demander conseils à un médecin pédiatre ou nutritionniste. Il est normal qu’un enfant ait envie de manger et de grignoter, tout dépende des proportions. La boulimie est une sorte de sous-pape à une trop grande restriction, on se restreint puis on se bourre et le poids fluctue comme un Yo-Yo.
Comment s’en sortir?
En parler à ses parents puis à un médecin, on conseille souvent de faire des séances de psychothérapies. Elles consistent à parler de soi à un adulte neutre, qui est là pour nous écouter et pour nous aider, sans jugement. Le chemin consiste à prendre conscience des facteurs qui déclenchent les crises; angoisses, problèmes familiaux ou sentimentaux, difficultés scolaires, interrogations sur la vie... On conseille souvent de faire un carnet alimentaire et de tout marquer, ce que l’on mange et tout ce qui passe par la tête. Le dialogue est important, car les crises de boulimie, sont le reflet d’une difficulté à résoudre les conflits, à accepter les changements du corps liés à la puberté, à devenir autonome et à créer de nouveaux liens avec l’entourage. C’est un chemin intéressant à faire et il n’y a pas avoir peur de faire des séances de psychothérapies car on en sort renforcé. On sort de l’enfance, on passe à la vie adulte, on découvre le monde avec ses joies et aussi ses contradictions. On apprend à s’exprimer, être soi, se découvrir et se situer par rapport au monde. Si tout ceci est étouffé, il sera exprimé par des troubles du comportement alimentaire. Ceux qui soufrent de boulimie expriment une demande d’aide.
Certains troubles du comportement alimentaires ne sont pas des boulimies. On peut être amener à avoir une compulsion qui nous pousse à manger des produits sucrés comme des bonbons ou du chocolat pour se consoler d’une dispute ou par ennuie. C’est tout à fait normal. L’enfance et l’adolescence est l’âge de l’appétit et des appétits et la nourriture tient une grande place. Ne vous culpabilisez pas. L’essentiel est de ce faire plaisir, sans culpabiliser, de manger l’aliment dont on a envie, en le savourant et en prenant son temps. Et équilibrez bien les trois repas.
Comment aider nos danseuses ?
Que faut-il faire?
On ne pourra sûrement pas réformer l'image de la danseuse. Les anges nymphes, sylphides qui volent à travers la scène sur la pointe de leur pointe peuvent difficilement être interprétés par une danseuse un peu ronde. On imagine mal un angelot de 80 kg traversant la scène, ni même pesant 65 kg.
Il faut reconnaître que les danseuses qui paraissent un peu maigres quand on les examine ont une silhouette idéale sur scène. Celles qui ont la silhouette d'une adolescente normale paraîtront rondes sur scène. Le collant souvent blanc, la tenue, la position de la scène par rapport au regard du spectateur ont un effet grossissant.
La jeune danseuse n'envisage pas d'autre alternative pour son avenir, le seul objectif des sacrifices et des souffrances est de danser.
Il faut donc protéger les danseuses et médicaliser la danse. Veiller à équilibrer le plus possible la ration. Bien souvent d'ailleurs la silhouette s'améliore. Mettre en place des cours de nutrition intégrés au programme afin de les sensibiliser. Leur permettre de pouvoir facilement consulter un médecin nutritionniste et une psychologue.
Un point me parait essentiel. Bien souvent la jeune danseuse rapporte l'origine de ses échecs à son physique, ce qui induit des blessures profondes avec une image de soi négative et une image du corps erronée. Il faut bien leur faire comprendre que la discipline qu'elles ont choisi leur demande le plus souvent d'acquérir un poids inférieur à leur poids normal alors que ce sont des enfants et des adolescents qui possèdent une silhouette normale!
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