Dietetique-Metabolisme   [retour sommaire Catégorie]
L’image du corps   [lire la version anglaise]
  Dr Paule Nathan
L'adolescence est le temps des acquisition du Soi. Se mettent en place les rapports avec le monde des grands avec en particulier l’image de soi, l’image du corps. La représentation de l’être par rapport aux autres est un long cheminement qui peut conduire soit à une personnalité plutôt confiante (le trop est un défaut), soit à un manque de confiance.
L’image du corps se construit.
La puberté est aussi la mise en place des caractères sexuels secondaires avec chez la fille développement des seins et des hanches, apparition des règles chez le garçon modification de la voix, apparition de la barbe et de la pilosité masculine sur l’ensemble du corps, premières érections spontanées. L'ensemble du corps se modifie et à ce moment l'adolescent a du mal à se reconnaître. En cas de manque de confiance en soi ou de dysharmonie dans cette acquisition, l’adolescent ou l’adolescente va refuser telle ou telle partie du corps. Par exemple, la jeune fille va cacher ses fesses avec un tee shirt long parce qu'elle les croit trop grosses. Elle les cache au regard des autres, à son regard, et surtout elle diminue petit à petit les perceptions de la zone refusée, essentiellement les hanches qui différencient la silhouette féminine de la silhouette masculine. C’est une façon de refuser aussi sa féminité, par peur par exemple de la sexualité ou du passage dans le monde adulte.
L'acquisition de l’image du corps est complexe. Elle est liée à une bonne connaissance musculaire et sensitive des différentes parties du corps liées à la stimulation de l'aire du schéma corporel par le mouvement la vue et l’intégration psychomotrice. C’est sur cette aire situé au niveau du cerveau que chaque partie du corps est représentée avec plus ou moins d'importance. Ce sont les parties dont on se sert le plus, qui sont le plus représentées (bouche, mains, pieds, fesses et yeux).
Les troubles de l'image du corps apparaissent le plus souvent chez les enfants qui développent une prise de poids (modérée ou plus importante) au sein d'une famille chez qui l'image par rapport à la société est importante. Un enfant d'une famille vivant la campagne qui prend du poids, est considéré comme un enfant en bonne santé. La prise de poids est bien accueillie. Au contraire, dans certaines familles par exemple chez les cadres supérieurs où l'aspect esthétique est vécu comme une position sociale, la prise de poids d’un adolescent sera mal vécue. Il y aura un rejet de la part des parents, des reproches, un regard négatif. Ainsi dans 1 cas, l’enfant sera bien dans sa peau, peu motivé pour suivre un régime, dans l'autre cas, un enfant inquiet, mal dans sa peau, doutant de son image et de sa capacité de séduction. Celui ci risque de développer une boulimie ou une anorexie voire une dépression si la pression sociale est trop importante.
L’exigence de la danse peut se comparer au regard critique des parents. Chez la fille, l’adolescence se traduit obligatoirement par une modification de la silhouette avec une augmentation de volume des hanches. Dès le plus jeune âge, le ou les professeurs, la mère surveillent avec une plus ou moins grande anxiété essentiellement le développement de cette zone du corps. Il y a un haut risque de développer un trouble de l'image du corps. Bien qu’ayant une silhouette idéale, répondant aux critères de la danseuse, la jeune adolescente aura toujours l’impression d’être trop grosse et se verra grosse dans la glace en particulier la zone des hanches et des fesses.
Cette attitude excessive peut conduire à la dyspondéromorphophobie. La jeune personne est tout à fait fine mais se vit et se voit avec des grosses cuisses. Une anorexie mentale peut survenir.
C’est pourquoi, il convient de s’assurer de la bonne acquisition de l’image du corps chez les danseuses et de leur justesse. Beaucoup se vivent et se voit trop grosses alors qu’elles sont toutes fines. Les professeurs et les parents devront rassurer l’adolescente tout en lui inculquant des règles d’équilibre alimentaire. Pour celles qui ont besoin de s’affiner, il convient de le faire progressivement sans pression, tout en veillant que l’acquisition de la nouvelle silhouette soit intégrée.
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