Kinésithérapie   [retour sommaire Catégorie]
Kinésithérapie et prévention   [lire la version anglaise]
  Mr Gilles SCHIRR
Danse et kinésithérapie, intérêt de la prévention.
Aspect théorique.

Pour un kinésithérapeute, ce qui caractérise l’organisme humain, c’est le mouvement et ce qui caractérise l’état de santé, c’est l’équilibre. Le danseur (la danseuse) se soucie du mouvement et de l’équilibre de son corps dans l’espace. Le kinésithérapeute se soucie de mouvements et d'équilibres beaucoup plus subtils car situés à l’intérieur du corps.

Il y a deux principales plaintes émises par le danseur soit la douleur soit une gêne à effectuer tel ou tel mouvement. Ce sont deux manières d’aborder les pathologies de l’appareil locomoteur.

1)la douleur : il y a trois stades dans l’appréciation de la douleur :

--la douleur apparaît dans une partie du corps, elle peut être importante mais n’excède pas 1 à 2 jours puis disparaît sans laisser de trace. C’est la courbature. Elle est bénigne, elle ne nécessite pas d’intervention, quelques conseils suffisent.

--la douleur laisse une trace clinique, palpable, objectivable associée à une limitation du mouvement mais sans signe radiologique. C’est la lésion fonctionnelle. Elle nécessite une intervention extérieure.Exemple : un point lombaire bas et latéralisé sans irradiation, la radio est normale. La guérison totale est possible par une prise en charge physique seule.

--la douleur est associée à une lésion organique, c’est à dire objectivée à la radio, au scanner (spondylolysthésis, claquage…). La guérison sera partielle, susceptible de rechute. Elle relève d’une prise en charge multi-disciplinaire associant médecin, kiné…

2)la gêne dans un mouvement précis, le sentiment de stagner, la répétition dans l’apparition d’une douleur après un entrainement ou toujours la même figure, une chute…Ce préambule correspond à une manière plus pratique d’aborder une pathologie du mouvement. On peut considérer 2 sortes de lésions :

--une lésion « primaire » : elle s’est installée d’emblée (le danseur est tombé, a fait un « faux mouvement »..). La gêne est importante, elle se situe à un seul niveau. La guérison sans séquelle est possible.

--une lésion « secondaire » ou adaptative. Elle s’installe progressivement, la perte du mouvement est moins évidente, il peut s’agir d’une stagnation ou d’un défaut remarqué par le professeur et qui ne passe pas…Elle se situe sur plusieurs niveaux, la gêne est inconstante, apparaît pour un mouvement qui auparavent ne faisait pas mal ou bien lors d’un surcroît de travail…Il s’agit en général d’une perte de compensation. La compensation est physiologique quand elle n’est pas poussée à l’extrème. Cest une adaptation de l’organisme qui préserve la trilogie de l’équilibre ,du confort et de la non-douleur. Malheureusement, elle a une limite dans le temps ou pour assumer une performance. Elle peut provenir d’un phénomène irréversible, héréditaire ou anatomique mais aussi réversible comme l’accumulation des lésions décrites précédemment. La compensation se fixe avec le temps et peut évoluer aussi vers la lésion adaptative. Dans ce cas, il faut accompagner le danseur, suivre ses entrainements et lui proposer une auto-rééducation.
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