Aptitude et Prévention   [retour sommaire Catégorie]
Aptitude et prévention   [lire la version anglaise]
  Docteur Anne Thiescé
Le certificat d’ aptitude à la pratique de la danse doit permettre d’écarter les seules contre-indications absolues à la pratique de la danse : contre-indications d’
ordre cardio-vasculaire essentiellement, par la réalisation d’un ECG de repos et d’un test de Ruffier. L’examen de l’appareil locomoteur doit quant à lui permettre de dépister les problèmes futurs et en partie les prévenir. Le corps médical n’intervient généralement pas dans la décision d’aptitude morphologique qui reste du domaine des “formateurs” et se fait lors des auditions d’entrée dans les écoles de danse professionnelles.
Cet examen de l’appareil locomoteur, qui pour une pratique amateur se contente d’un examen clinique : dépistage des scolioses débutantes, et des hyperlordoses, peut être accompagné d’une demande de clichés radiologiques lors de l’entrée dans les écoles professionnelles :
- full spine de face pour les scolioses,
- full spine de profil pour les dystrophies de croissance et les spondylolisthésis,
- 3/4 lombaire pour les lyses isthmiques,
- axiales de rotules pour les malpositions rotuliennes, en particulier subluxations externes et syndromes d’ hyperpression externe, fréquents chez des adolescents longilignes et hyperlaxes,

- profils de chevilles à la recherche d’un os trigone ou d’une queue longue d’ astragale,

- bassin de face pour les dysplasies de hanche.

Ainsi les diverses observations faites conduisent, si nécessaire, à une surveillance stricte et /ou à des conseils préventifs et à une gymnastique rééducative complémentaire à l’activité “danse”. On peut citer : - le travail spécifique du caisson abdominal et des étirements des muscles pelvi-fémoraux antérieurs lors des problèmes d’hyperlordose ou de lyse constituée ; - le travail spécifique des vastes internes et d’ étirements des droits antérieurs, avec prise de conscience d’un bon relâchement quadricipital lors des pliés, dans les syndrome rotuliens ; - les conseils d’ un travail actif plus que passif du “cou de pied”, principalement sur le médio-pied, lorsqu’il existe un os trigone ou une queue longue d’ astragale sur les clichés de cheville de profil ; - un travail proprioceptif chez les danseurs qui ont déjà connus des problèmes d’entorse tibio-tarsienne ou fémoro-tibiale.

Ainsi, l’examen d’aptitude à la pratique de la danse, devient un examen de prévention. Cette prévention des pathologies passe aussi dans le choix de l’environnement de l’élève : studio adéquat avec un sol en parquet suspendu, professeur qualifié et attentif, rythme approprié à l’âge, au désir et à la physiologie. La loi permet maintenant l’apprentissage de la danse dans des situations convenables, mais les notions de préparation physique, de rythme physiologique, et de récupération sont encore le plus souvent absentes. Celles-ci s’apparentent pourtant à des notions connues, dans les sports à activité principalement anaérobique.
Enfin, entre aussi dans la prévention, l’apprentissage nécessaire des règles élémentaires de la diététique. En effet si la danse est une activité sportive, elle est pratiquée par des artistes qui sont souvent prêts à soumettre leurs corps à des conduites nutritionnelles ou autres, dangereuses tant sur le plan métabolique que locomoteur, et ce à des fins esthétiques comme la recherche d’une plus grande minceur.

Bibliographie

Chauvard S., Médecine du sport et danse , un apprentissage à risque,
Impact médecin n°272 17/3/1995 p26
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